Libraire – La Griffe Noire – Saint Maur
Roman néerlandais : La maison de la mosquée. Kader Abdolah.
Gallimard
Dans une grande demeure séculaire en Iran, vivent trois familles apparentées qui représentent les fondements de la société
traditionnelle, personnifiés par l'imam Alsabéri, le riche marchand de tapis Aga Djan, et le muezzin et potier aveugle Aga Shodja. Tout est harmonie jusqu'au jour où, à la mort de l'imam
Alsabéri, son beau-fils Galgal occupe le poste vacant et propage un islam intolérant.
Document : L’Hitler Iranien. Amir Jahanchahi. JC
Gawsewitch
Réfugié politique après la Révolution islamiste en Iran, l'auteur montre que son pays natal aurait tout à gagner à instaurer une paix
durable dans les régions du Proche et Moyen-Orient.
Politique : Ne négociez pas avec le régime iranien.
Chahdortt Djavann. Flamarion
L'auteure livre une lettre destinée aux dirigeants occidentaux, dans laquelle elle dénonce la structure même du régime iranien.
Document américain : La demoiselle de Sing Sing –
Indanna Pucci - Intervalles
New York, 1895. Maria Barbella, immigrée italienne de 22 ans, est condamnée pour le meurtre de son amant, lequel a abusé de sa
confiance. Elle fut la première femme condamnée à mort sur la chaise électrique. Grâce à l'intervention de Cora Slocomb, arrière-grand-mère de l'auteure, qui lança en sa faveur une campagne
nationale contre la peine de mort aux Etats-Unis, elle ne fut pas exécutée.
Roman norvégien : La terre des mensonges – Anne B.
Radge – Balland
Trois frères que tout sépare sont réunis par la mort de leur mère. L'aîné, Tor, fait tourner la ferme familiale, Margido dirige une
entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Le roman suit leurs souvenirs et les relations qui se nouent et se dénouent, jusqu'à une révélation inattendue le
soir de Noël, l'identité du vrai père des trois frères.
Roman français : Le magicien – Jean-Marc Souvira. Pocket
Le commissaire Ludovic Mistral vient d'être nommé à la tête de la brigade criminelle au 36 quai des Orfèvres. Il est chargé de
l'enquête sur le Magicien, un violeur d'enfants surnommé ainsi car il attire ses victimes avec des tours de magie. L'étau se resserre peu à peu autour du criminel qui, en réponse, n'hésitera pas
à s'attaquer à la famille du policier. Premier roman.
Roman anglais : Six pieds sous terre. Ray French.
Domaine étranger
Aidan, la cinquantaine, veuf depuis une dizaine d'années, a fini d'élever ses deux enfants en travaillant dans l'usine locale qui
emploie la majorité des habitants de sa petite ville du pays de Galles. C'est pourquoi, à l'annonce de la délocalisation de l'usine en Inde, Aidan est profondément révolté. Il va s'enterrer
vivant dans son jardin jusqu'à ce que ses patrons acceptent de négocier.
Libraire – Le Scribe – Montauban
L’Amant pressé. Olivier Miquel. Le cherche midi.
492 p. 19,50 €.
Cet amant pressé c’est Napoléon, mais un Napoléon intime, raconté par un témoin qui nous révèle, au jour le jour, la vie privée de cet homme d’exception. Tout y est vrai et c’est
follement romanesque. En exergue une phrase de Napoléon : La vie privée d’un homme est un réflecteur où l’on peut lire et s’instruire fructueusement. L’auteur nous entraîne à la
découverte d’un Napoléon qui déploya la même énergie à séduire les femmes qu’à marquer l’Histoire.
Les femmes lui furent fatales. Elles, et le climat. Leurs caprices eurent raison d’un génie (…) Il fut le mari de deux femmes et l’amant de
beaucoup ; le père de trois garçons reconnus par l’histoire. Mais sa véritable maîtresse fut la France. Voilà résumé toute la trame de ce roman passionnant qui se déguste d’un trait,
cul sec. Car, de la première ligne à la dernière, on est embarqué dans une prodigieuse histoire.
Rencontrons le petit Nabulio, chétif et mal peigné, à l’école militaire de Brienne, où son accent méridional lui vaut brimades et moqueries. Travailleur
acharné, dévoré d’orgueil, durant ses cinq ans de réclusion il ne reçut que deux visites, celle de sa mère puis celle de son père. Mais rentrons dans le vif du sujet et retrouvons-le un soir de
novembre - il a 18 ans - sortant du théâtre et abordant l’enceinte du Palais-Royal, où un monde de débauche s’éveille à la tombée du jour. Et là, une
rencontre… C’est ainsi que le jeudi 22 novembre 1787, le lieutenant Buonaparte devint un homme.
Vite il songera à s’établir, et pour ce faire, à un beau mariage. Il jeta son dévolu sur Manesca Pillet, la plus jolie héritière d’Auxonne, mais fut
éconduit par son beau-père, un certain Chabert qui refusa d’accorder la main de sa fille à ce pauvre hère n’ayant pour vivre que sa solde de lieutenant en second. À la suite de quoi Buonaparte écrivit : L’amour m’ôte la raison. Je ne la retrouverai jamais ; on ne guérit pas de ce mal-là.
Je ne vais rien vous dévoiler de plus - nous n’en sommes qu’à la page 27 - et surtout pas les rencontres et les relations avec Joséphine, Marie Waleska et
Marie-Louise. Attendez-vous à des surprises !
Vous l’avez compris ce livre fourmille d’anecdotes qui éclairent d’une tonalité nouvelle la personnalité de Napoléon. Au-delà de la documentation impressionnante -
présente mais jamais pesante - ce qui rend ce livre remarquable c’est tout d’abord sa construction : la grande histoire est toujours présente en toile de fond, et l’interaction entre la vie
privée et la vie « publique » de Napoléon est tout à fait passionnante et éclairante ; mais c’est aussi la langue, fort belle, qui est celle de l’époque, teintée d’ironie, et qui
sonne juste.
Il fallait un sacré culot pour s’attaquer à un personnage tel que Napoléon !
Olivier Miquel a relevé le défi et l’a emporté haut la plume. Ce roman, car c’en est bien un, à la construction subtile et à l’écriture élégante, s’appuyant sur la
vérité historique, donne un nouvel éclairage à l’un des plus fascinants et romanesques personnages de l’histoire de France.
À savourer en toutes saisons. Pourquoi pas dès cet automne ?
P.S. Vous n’aimez pas les livres ayant trait à l’histoire de France ? C’est un roman ! Vous êtes passionné d’histoire de France ? C’est une
biographie romancée dans laquelle tout est vrai !
N.B. Olivier Miquel a publié Le Vertige de l’ange (Le cherche midi. 290 p. 18 €) un roman ambitieux mais très abouti qui nous entraînait dans le sillage de
la mystérieuse Évangelina entre Ibiza, Venise et les îles Pontines, et Henri Salvador, le rire du destin (Éditions du moment. 280 p. 19,95 €) une biographie très enlevée et passionnante
de ce monument de la chanson française - enfin reconnu et célébré à 85 ans, pour ce qu’il était : un crooner - avec, en arrière plan, soixante ans de chansons françaises.
L’Hirondelle avant
l’orage (The Stalin Epigram) Robert Littell. Traduit de l’américain par Cécile Arnaud. Éditions Baker Street. 332 p. 22
€.
C’est en 1913 qu’Ossip Emilievitch Mandelstam a publié son premier recueil de poésie, La Pierre, qui l’a imposé pour beaucoup, dont Staline, comme le grand
poète russe du XXe siècle. En 1934, Mandelstam, déçu du régime - C’est la dictature de la médiocrité, pas la dictature du prolétariat - et conscient de l’importance de la poésie pour les
Russes – Je suppose que je ne devrais pas me plaindre. J’ai la chance de vivre dans un pays où la poésie compte – on tue des gens parce qu’ils en lisent, parce qu’ils en écrivent
- annonce à ses amis qu’il va détruire Staline avec un poème. Un poème explosant de vérité dont l’écho se propagera à travers le
pays comme les ondulations créées par une pierre, lancée dans l’eau stagnante. Et lorsqu’on lui réplique que Staline le tuera, il admet que : les exécutions me terrifient, surtout
la mienne. Pas question de lui faire entendre raison. La dernière chose dont la Russie ait besoin, lui dira une amie intime poétesse, est la mort d’un poète de plus. En
vain. Il écrira cet épigramme dans lequel Staline, le montagnard du Kremlin, est peint comme le bourreau et l’assassin des moujiks.
Je ne vous dévoilerai rien de la suite de cet admirable roman, qui se lit comme un roman policier, et qui appréhende le destin tragique d’un poète qui s’illusionne
quand il pense qu’un épigramme peut renverser un dictateur, alors que Staline se désespère de voir qu’aucune force ne peut asservir le grand poète.
Un superbe roman polyphonique dans lequel alternent les voix de Mandelstam et de ses proches, sa femme, son amie intime la poétesse Anna Akhmatova, son frère en
poésie, Boris Pasternak, une comédienne très jeune et très belle, Zinaïda Zaitseva-Antonova, sans oublier le garde du corps de Staline et un ancien champion d’haltérophilie. Tous unis pour
retracer le douloureux destin de Mandelstam, qui, entre 1934 et 1939, subira arrestation, torture, privations, exil, et décrire la fascination
mutuelle intense entre le poète et le dictateur.
Je précise que c’est en 1979 que Robert Littell, alors journaliste pour Newsweek, rencontre la veuve d’Ossip Mandelstam. Alors que l’écrivain prenait congé
et la remerciait de l’avoir reçu, la vieille femme se leva avec difficulté et nous raccompagna à la porte. Avant de l’ouvrir, elle dit une phrase qui n’a pas cessé de me hanter
depuis : « Ne parlez pas anglais dans le couloir »… Dans une interview au Nouvel Observateur (28/04/09), l’écrivain ajoute : Comme si elle ne
pouvait s’arracher à la terreur et aux cauchemars de l’époque stalinienne quand tout contact avec un étranger pouvait vous envoyer au goulag ou dans les sous-sols de la Loubianska avec une balle
dans la tête. C’était il y a trente ans. Depuis, je n’ai cessé de penser au livre que j’écrirai sur elle et sur Ossip Mandelstam dans les dernières années de sa vie.
P.S. Robert Littell, ancien journaliste, a publié de nombreux romans d’espionnage - dont La défection de A.J.Lewinter son remarquable premier roman - ayant
pour cadre la guerre froide.
On pouvait craindre qu’avec la chute du mur de Berlin sa source d’inspiration se tarisse. Il n’en a rien été. Depuis il a publié, entre autres, La Compagnie,
une histoire de la CIA, et Légendes, deux livres que je vous ai vivement recommandés.
P.S. Oui, Jonathan Littell, l’auteur des Bienveillantes, est son fils.
BW. Lydie Salvayre.
Seuil. 206 p. 17 €.
BW craint de perdre la vue. Poussé par une impérieuse nécessité il raconte à Lydie Salvayre ce qu’il a gardé secret durant leurs années de vie commune.
J’avoue que j’abordais ce livre avec une certaine appréhension : le panégyrique d’un éditeur, compagnon de l’auteur… Bof ! Mais dès la, première page j’ai
été happé, embarqué dans cette traversée de la vie de BW.
La forme est originale : c’est BW qui parle, de temps en temps interrompu par l’auteur qui, la nuit, met en forme, compose. La vie de BW est riche. Il ne reste
pas en place : J’ai toujours eu le feu au cul et à l’âme . Il n’a aucun sens de la mesure S’il boit, c’est trop. S’il rompt, c’est à jamais. S’il souffre, c’est à mort.
S’il aime, c’est corps et âme. Fugues, frasques, voyages, soif de liberté. Mais sa véritable passion c’est la littérature. Il hait la tiédeur, surtout la tiédeur littéraire et enrage de
constater que les grosses structures littéraires sacrifient la qualité (qui est l’avenir de la littérature et sa raison d’être) sur l’autel de la finance (qui est sa raison de crever).
Devant ces mœurs éditoriales qu’il abhorre il décidera de quitter l’édition par fidélité à l’édition. Mais il lui reste la lecture, le plaisir pur, inentamée de la lecture.
Plaisir qui se retrouve tout au long de ce beau livre, écrit à vif, où des pages superbes sur l’Inde et le Liban, entre autres, côtoient une permanente déclaration d’amour à la
littérature.
n.b. Lydie Salvayre a été l’invitée en 2008 des Lettres d’Automne, festival littéraire qui se tient fin novembre à Montauban. Elle sera l’invité d’une
rencontre du Scribe le samedi 3 octobre prochain.
Et que le vaste monde poursuive sa course folle. Colum McCann. Belfond
Que les lecteurs du « Chant du coyote », des « Saisons de la nuit », de « Danseur » de « Zoli » se réjouissent : Colum MacCann, cet écrivain irlandais qui
vit à New-York, vient de publier un nouveau roman « Et que le vaste monde poursuive sa course folle ». Un livre formidable qui les hantera longtemps.
Nous sommes à New-York en août 1974, le mois où Nixon démissionnera. Deux jours avant cet événement historique considérable, le 7 août il s'est passé quelque chose d'extraordinaire : un jeune
funambule français, Philippe Petit, a tendu sa corde entre les deux tours du World Trade Center – celles qui seront détruites le 9 septembre 2001 – qui venaient alors d'être construites. Et le
voilà qui à 412 mètres d'altitude s'élance sur un fil long de 64 mètres.
Autour de cet évènement Colum McCann nous raconte des histoires inoubliables de personnages dont les destins s'entrecroisent.
La construction du livre est vertigineuse; on est emporté d'une histoire à l'autre. L'écriture est superbe : chaque personnage - et ils sont nombreux
– est raconté, ou se raconte, avec un style propre.
Au passage coup de chapeau au traducteur Jean-Luc Piningre !
Parmi les nombreux personnages:
Corrigan, un prêtre irlandais qui vit dans un appartement minable et s'emploie à atténuer les souffrances des autres, prostituées, miséreux, sans se
soucier des siennes. Entre autres, il leur prête son appartement pour la « pause pipi », entre deux passes. Il a fait voeu de chasteté mais éprouve un amour pressant pour Adelita, jeune
veuve avec deux enfants qui « embellit quand on la regarde »;
Claire Soderberg, mariée depuis 31 ans à Solomon, juge, président du tribunal devant lequel comparaîtra le soir le jeune funambule. Pour l'heure elle offre le petit déjeuner à quatre femmes –
trois blanches et une noire, Gloria – qui ont toutes perdu un ou plusieurs fils au Vietnam. Elle habite un somptueux appartement sur Park Avenue où Gloria, jusque-là, n'avait jamais été qu'au
Monopoly...
Blaine et Lara, deux artistes peintres qui, depuis deux ans vivent dans une cabane sans confort, à deux
heures de voiture des lieux où, auparavant, délaissant la peinture, ils avaient mené une vie où seuls comptaient les boites de nuit, les partouzes noyées dans la drogue, l'alcool...
Tillie, prostituée noire, mère de Jazzlyn, qui se retrouvera aussi sur le trottoir même si sa mère disait : « Le premier truc qu'on se dit quand
on a une petite fille c'est qu'elle ne fera jamais le trottoir. Juré, craché. Donc on va au turbin pour qu'elle n'y aille pas »
Des jeunes programmeurs, basés sur côte Ouest, qui piratent les lignes téléphoniques avec leurs ordinateurs et appellent des cabines proches des Tours de New-York pour savoir « si c'est
vrai, s'il y a bien quelqu'un là-haut » et auquel un spectateur dira : « Oui, mais il ne se contente pas de marcher, il court sur le fil, il danse, saute à cloche-pied, et même le voilà
qui s'agenouille, qui s'allonge »
et tant d'autres dont Gloria qui jouera un rôle central.
Une époustouflante plongée dans le coeur de New York par un écrivain majeur de notre temps.
Les coups de cœur de Valérie :
Histoire : Les 1.001 jours qui ont changé le monde.
Flammarion
Cet ouvrage décrit non seulement tous les événements historiques, du big-bang à l'élection d'Obama, mais dresse également le portrait
des rois, guerriers, ministres qui ont fait l'histoire, sans oublier les artistes, scientifiques et penseurs qui ont marqué leur époque. Pour une découverte des moments les plus cruciaux de
l'histoire universelle.
Document : Dans les archives secrètes de la police. Pierre Assouline,
Jean-Pierre Azèma, Jean-Pierre Babelion. Sodis
Histoire de faits divers et d'affaires criminelles qui ont défrayé la chronique en France à travers les archives des services de
police. Des historiens évoquent l'évolution de la criminologie et de la criminalistique, de la truanderie de l'Ancien Régime aux complots de la fin du XIXe et aux crises du XXe siècle : mort de
Zola, assassinat de Jaurès, guerres mondiales, etc.
Document : Les gueules cassées. Martin
Monestier. Le Cherche Midi
Un témoignage poignant des hommes blessés à la face pendant la Grande Guerre et qui s'inscrivent aujourd'hui dans l'inconscient
collectif comme un symbole des désastres humains nés d'une conflit tragique. L'auteur rend hommage aussi aux chirurgiens militaires, ces artistes de l'impossible, qui sont les fondateurs de la
chirurgie maxillo-faciale, réparatrice et restauratrice moderne.
Bande dessinée : Politiques en stock. Albert Algoud. Fetjaine
Des hommes et femmes politiques sont caricaturés en personnages de bande dessinée et mis en scène dans des strips comiques. Les
aventures de Sarkozix le Gaulois, Roselyne Bachelot en Cellulite, Bertrand Delanoë en Titeuf, Ségolène Royal en Schtroumpfette ou Rachida Dati en Spirou.
Document : Le pouvoir ne se partage pas. Edouard Balladur.
Fayard
Ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Chirac et Premier ministre de F. Mitterrand, E. Balladur témoigne de cette
période de la Ve République marquée par la cohabitation. Il rend compte de ses relations avec F. Mitterrand dans le contexte des débuts de la mondialisation accélérée. Son récit donne lieu à une
réflexion sur la relation de pouvoir entre Matignon et l'Elysée.