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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /2008 00:00

Voici la première publication en français de Stuart Dybek, écrivain américain né à Chicago en 1942 de parents immigrés polonais.  

 


C’est le Chicago de son enfance et de son adolescence que nous raconte Stuart Dybek dans ces nouvelles. Pas le Chicago des gratte-ciel qui longent le lac Michigan mais plutôt celui des faubourgs où tous les pays incompatibles d’Europe se trouvaient compressés. Le Chicago des années cinquante et soixante, bouleversé par un intense redéploiement urbain et l’arrivée d’immigrants des pays de l’Est et du Mexique.

La dimension poétique du recueil, la rêverie issue du souvenir, est affichée dans la citation du poète Antonio Machado placée en exergue : De toute la mémoire, seule vaut le don précieux d’évoquer les rêves. 


Dans Chopin en hiver un jeune garçon est ému par une jeune femme mystérieuse, Marcy – j’ai le sommeil très léger ; la neige qui tombe me réveille – qui joue du Chopin dans l’appartement situé au-dessus de celui où il habite avec son grand-père Dzia-Dzia (« pépé » en polonais). Ce grand-père, dont la vie est rythmé par des bains de pied, tout d’abord silencieux puis qui va lui décrire les œuvres de Chopin, les préludes, les ballades ou les mazurkas, de telle façon que même si je ne les avais jamais entendus, je puisse les imaginer, particulièrement les pièces favorites de Dzia-Dzia, les nocturnes, luisants comme des étangs noirs. Pendant les dernières semaines de l’hiver Marcy ne jouera plus que des nocturnes. Puis elle disparaîtra lors du premier redoux. La musique mit du temps à s’évanouir.


Sur les quatorze nouvelles qui composent ce recueil, certaines, anecdotes poétiques, font deux ou trois pages, trois – dont Chopin en hiver - sont plus longues. Blight (insalubre) nous entraîne dans ces années entre la Corée et le Vietnam, à l’époque où le rock’n’roll atteignait son apogée dans un quartier reconnu officiellement comme insalubre, où malgré les difficultés Polonais et Mexicains vivent sans tension ethnique, où les jeunes déclament du Kérouac, hurlent du blues, cherchent à transcender par leur imagination leur vie difficile. Glace chaude a valu à l’auteur le prestigieux prix O’Henry, distinction attribuée avant lui à Faulkner, Truman Capote, John Updike, Joyce Carol Oates et Raymond Carver.  

 


Un livre qui commence à bénéficier d’un discret bouche-à-oreille, un livre que l’on fait découvrir à ses amis, qui pourrait bien devenir un livre culte. Un grand merci aux éditions bordelaises Finitude qui ont le talent et le courage de proposer des textes inédits ou oubliés.  

 

 

Les quais de Chicago – Stuart Dybek – Finitudes ; 222 pages, 17 euros 

 

Retrouvez toutes les critiques de notre libraire de Montauban, Jacques Griffault, sur son site internet en cliquant ici. 

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